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Le Fossé de la Bravoure : Pourquoi nous devons apprendre à nos filles à prendre des risques

Comment la socialisation de genre entre 3 et 9 ans limite la résilience — et comment pivoter vers le courage.

Publié le 9 févr. 2026
Le Fossé de la Bravoure : Pourquoi nous devons apprendre à nos filles à prendre des risques

L’observation au square Si vous vous arrêtez dans n'importe quel jardin public en France et que vous tendez l'oreille, vous entendrez une « bande-son » constante. À un petit garçon qui grimpe sur une structure : « Allez champion ! Regarde comme tu es haut ! ». À une petite fille sur la même structure : « Fais attention ! Tiens-toi bien ! Tu vas tomber et salir ta jolie robe. »

Ces interactions minuscules, apparemment anodines, sont les briques qui construisent le « Bravery Gap » (le fossé de la bravoure). Tandis que nous encourageons nos fils à être forts et à « sauter dans le vide », nous apprenons à nos filles que leur mission principale est de rester en sécurité, d'être propres et d'atteindre la « perfection ». À l'âge adulte, ce fossé est devenu un gouffre. Les hommes sont entraînés à être courageux, tandis que les femmes sont socialisées pour être parfaites.

Pour les parents d'enfants âgés de 3 à 9 ans, comprendre ce fossé est la première étape d'un Reset de la Résilience. Il s'agit de réaliser que le courage n'est pas un trait de caractère inné, mais un « muscle » qui doit être exercé par le risque, l'échec et l'acceptation de l'imprévu.

Partie 1 : L'anatomie du fossé de la bravoure

Le fossé de la bravoure n'est pas le résultat de différences biologiques face à la peur. Des études montrent qu'à l'âge de 3 ans, garçons et filles manifestent approximativement les mêmes niveaux de prise de risque physique. La divergence commence par la boucle de rétroaction sociale.

1. Le piège de la perfection

Les filles sont souvent louées pour être « sages », « calmes » et pour « réussir du premier coup ». Cela crée un état d'esprit fixe. Si une fille croit que sa valeur réside dans sa perfection, elle verra tout risque — tout échec potentiel — comme une menace pour son identité. En conséquence, elle cesse d'essayer des choses pour lesquelles elle n'est pas « naturellement » douée.

2. La fatigue de la prudence

Les recherches indiquent que les parents utilisent un langage beaucoup plus « prudent » avec leurs filles. Nous les avertissons des dangers potentiels deux fois plus souvent que nos fils. Ce flux constant de « Fais attention ! » crée un monologue intérieur d'anxiété. Avec le temps, les filles apprennent à associer le « nouveau » ou le « défi » au « danger ».


Partie 2 : La fenêtre critique (3–9 ans)

Pourquoi l'intervalle 3–9 ans est-il si vital ? Parce que c'est là que se solidifie le concept de soi.

  • Âge 3–5 ans : Les enfants développent leur autonomie physique. Si les filles sont découragées de prendre des risques physiques, elles perdent l'occasion d'apprendre la « compétence physique » — la connaissance intérieure que leur propre corps peut faire face aux défis.

  • Âge 6–9 ans : C'est l'ère de la « comparaison sociale ». Les filles commencent à regarder leurs pairs. Si la culture récompense la « perfection », elles commenceront à masquer leurs difficultés et à éviter précisément les défis qui forgeraient leur résilience.


Partie 3 : Le coût cognitif de la surprotection

Quand nous protégeons nos enfants (particulièrement les filles) de toute égratignure possible, nous les privons involontairement d'expériences de maîtrise.

1. La dignité du risque

Les psychologues l'appellent la « dignité du risque ». C'est le droit de chaque être humain d'essayer quelque chose de difficile et de risquer l'échec. Quand nous « sauvons » une fille d'un mur d'escalade trop haut ou que nous lui donnons immédiatement la solution d'un problème de maths difficile, nous envoyons un message inconscient : « Je ne pense pas que tu puisses y arriver seule ».

2. L'échec comme donnée, pas comme désastre

On apprend souvent aux garçons que l'échec est « mécanique » — il faut juste un autre outil ou plus d'entraînement. Les filles perçoivent souvent l'échec comme « personnel » — un signe qu'elles ne sont pas « assez intelligentes » ou « assez douées ». Pour combler le fossé, nous devons apprendre aux filles que l'échec est simplement une donnée. C'est une information sur la manière de mieux faire la prochaine fois.

Infographic 9 Measured Risk Vs Anxiety Cukibo


Partie 4 : Stratégies pratiques pour combler le fossé

Comment réaliser un Reset de la Résilience au quotidien ? Tout commence par notre langage et nos réactions.

1. Auditez vos « Fais attention »

La phrase « Fais attention » est vague et anxiogène. Elle dit à l'enfant que quelque chose ne va pas, mais pas quoi.

  • Le pivot : Utilisez un langage orienté vers l'action.

    • Au lieu de « Fais attention », essayez : « Observe comme cette branche est un peu instable. Teste avec ton pied d'abord. »

    • Au lieu de « Sois prudente », essayez : « Quel est ton plan pour redescendre d'ici ? »

    • Cela déplace l'enfant d'un état de peur vers un état d'évaluation.

2. Célébrez la « tentative courageuse »

Nous félicitons habituellement le 20/20 ou la réussite. Pour encourager le courage, nous devons louer le risque.

  • Le script : « Je suis tellement fière de la façon dont tu as essayé ce nouveau mouvement à la gym aujourd'hui. Tu n'as pas encore réussi à atterrir correctement, mais tu as été tellement courageuse d'essayer devant tout le monde. C'était un moment de grand risque ! »

3. Encouragez les jeux « sales » et désordonnés

Le courage se trouve souvent dans la boue. Encouragez vos filles à se salir, à attraper des insectes et à jouer de manière « non conventionnelle ». Cela brise l'association entre « féminité » et « fragilité ».


Partie 5 : Soyez le modèle de courage

Nos enfants — et particulièrement nos filles — observent notre propre rapport au risque. Si elles nous voient, en tant que mères, éviter les défis parce que nous avons peur d'avoir l'air « ridicules » ou d'échouer, elles reproduiront ce comportement.

  • Pratiquez le « courage vulnérable » : Laissez votre enfant vous voir essayer quelque chose pour lequel vous n'êtes pas douée. Que ce soit un nouveau hobby, un sport difficile ou admettre une erreur au travail, racontez le processus : « Je suis un peu stressée d'essayer ça, mais je vais être courageuse et voir ce que ça donne. »


Conclusion: Élever les leaders de demain

Combler le fossé de la bravoure ne consiste pas seulement à s'assurer que les filles grimpent aux arbres. Il s'agit de s'assurer qu'elles possèdent la résilience cognitive nécessaire pour affronter un monde imprévisible. Quand nous élevons des filles courageuses, nous élevons des femmes qui n'ont pas peur de prendre la tête, d'innover et d'apprendre de leurs erreurs.

Ce mois-ci, offrez à votre fille le cadeau d'un genou écorché et d'un encouragement « tape-m'en cinq ». Montrez-lui qu'elle n'est pas faite de verre. Montrez-lui qu'elle est faite de courage et de détermination, et regardez-la s'envoler.


Checklist pour Mamans : Combler le Fossé de la Bravoure

3 étapes simples pour aujourd'hui :

  1. La pause de sécurité : La prochaine fois que vous ressentez le besoin de crier « Fais attention ! », attendez 5 secondes. Si l'enfant n'est pas en danger imminent, taisez-vous et observez comment elle gère seule le défi.

  2. Mettez en avant un modèle de courage : Lisez-lui des histoires de femmes qui ont été « rebelles » et « audacieuses », plutôt que seulement « jolies » ou « chanceuses ».

  3. Le défi du risque : Demandez à votre enfant : « Quelle est la chose que tu as un petit peu peur d'essayer aujourd'hui ? ». Puis, soutenez-la pendant qu'elle essaie — sans résoudre le problème à sa place.